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Référendum et dialogue politique en RDC : quelle voie pour un consensus national ?

Marie Josée Kumutima

Plus de 150 participants réunis à Kinshasa pour le 6ᵉ Café politique FES-DYPOL afin de débattre des conditions d’un dialogue inclusif, souverain et orienté vers l’intérêt général.

La République démocratique du Congo (RDC) se trouve à un tournant historique de son évolution institutionnelle et politique. Face aux débats cruciaux entourant l'opportunité d'un référendum constitutionnel et l'urgence de préserver la cohésion nationale, la Friedrich Ebert Stiftung (FES), en partenariat avec la Dynamique politique (DYPOL), a organisé, ce mercredi 23 septembre 2026, au Cercle Élysée de Kinshasa, son 6ème Café politique dont le thème était : « Référendum et dialogue politique en RDC : quelle voie pour un consensus national ? ».


Cette rencontre de haut niveau a rassemblé plus de 150 participants dont les politiques, les représentants de la société civile, les mouvements de jeunes et de femmes, des universitaires, des professionnels des médias ainsi que des cadres de l'administration publique. L'objectif était d'offrir un espace de débat ouvert, contradictoire et constructif pour analyser les véritables enjeux d'un dialogue et définir les conditions d'un consensus national durable.
Les interventions et les contributions majeures se sont structurées autour de deux perspectives complémentaires.

L’approche scientifique et institutionnelle : l'intervenant a livré une analyse critique des fondements théoriques et institutionnels d'une telle démarche. Face au risque d'un dialogue redondant, il a posé une double question méthodologique : comment et pourquoi dialoguer aujourd'hui ? Il a fermement rejeté l'idée d'un « Sun City 2 », insistant sur la nécessité d'éviter les erreurs du passé. Le dialogue ne doit en aucun cas se réduire à un forum de partage du pouvoir, mais doit viser un consensus national inclusif guidé par une éthique rigoureuse. Si l’inclusion de toutes les forces vives est indispensable, une ligne rouge morale a été tracée : l'exclusion des auteurs de crimes graves, afin que ce forum ne serve pas de tribune de blanchiment judiciaire. Enfin, la réappropriation souveraine du processus par les acteurs nationaux a été présentée comme la condition sine qua non de la viabilité des résolutions.


La perspective politique et citoyenne : Le second intervenant a dressé un bilan sans concession de la trajectoire nationale. 66 ans après l’indépendance, il apparaît impératif que les Congolais devraient s’engager dans une dynamique de vérité afin de reconstruire la confiance mutuelle. La crise actuelle dépasse le simple cadre sécuritaire ; elle est profondément institutionnelle et sociale, et exige ainsi une approche globale du consensus. 


Les débats passionnants avec l'assistance ont permis d'identifier plusieurs problématiques stratégiques indispensables à la formulation d’un consensus réel. Les participants ont souligné l'urgence d'élever le niveau du débat public en proposant des solutions techniques et structurées, plutôt que de s'enfermer dans des postures superficielles. Une inquiétude majeure a été exprimée quant au risque de voir ce dialogue dériver vers une simple distribution de postes, au détriment de l'intérêt général.


Dans un élan d'objectivité, l'assemblée a plaidé pour un mécanisme de coresponsabilité nationale partagé entre le pouvoir, l'opposition et la société civile afin de relever les défis de l'État. De plus, la participation effective des femmes aux négociations a été identifiée comme un indicateur clé de la modernité et de la légitimité de ce processus.


En conclusion, ce 6 ème Café politique a jeté les bases d'une réflexion rigoureuse sur les conditions de réussite d'un dialogue constructif en RDC. Les discussions ont démontré qu'un consensus national ne pourrait émerger que d'un processus souverain, éthique, inclusif et axé sur une responsabilité partagée, loin des écueils des arrangements de façade.

 

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