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Qui paie la note ? La situation des exploitants miniers artisanaux en RDC

Ruth Zinga

La République démocratique du Congo occupe une place centrale dans l’économie mondiale grâce à ses minerais stratégiques, qui sont indispensables aux technologies modernes et à la transition énergétique. Pourtant, derrière ces chiffres impressionnants se cache une réalité dramatique : celle des exploitants artisanaux contraints de travailler dans des conditions précaires, exposés aux risques et marginalisés dans la répartition des bénéfices.

C’est dans ce contexte que la Fondation Friedrich Ebert, en partenariat avec la DYPOL, a organisé, le jeudi 2 avril 2026, au Cercle Elais, un café politique sur le thème : « Tout le monde y gagne, mais c’est le petit homme qui paie la note ? » La situation des exploitants miniers artisanaux en RDC ». Cet espace de dialogue a réuni une centaine de participants issus des institutions, du monde politique, de la société civile et du milieu académique, afin de croiser leurs regards et de réfléchir à la transparence, à la dignité et à l’avenir des communautés minières.

Les échanges ont permis d'aborder des enjeux essentiels. Jean-Jacques Kayembe, coordinateur de l’ITIE-RDC, a mis en évidence les défis de gouvernance et la nécessité d'intégrer pleinement le secteur artisanal dans l’économie nationale et internationale. La journaliste Flore Kayala a rappelé la situation critique des femmes et des enfants, souvent cantonnés aux tâches les plus marginales et exposés à la violence. L’avocat et analyste Jean-Pierre Okenda a insisté sur l’importance de la transparence et de la traçabilité des chaînes d’approvisionnement. Enfin, M. Kayembe a souligné l’urgence de développer des chaînes de valeur locales pour la première transformation des minerais, afin que la richesse du pays profite réellement à ses citoyens.

Ces échanges ont été bénéfiques pour tous les participants, car ils ont permis de mieux comprendre un secteur gangrené par de multiples maux : pauvreté persistante, marginalisation des femmes, travail des enfants, contamination des sols et manque de transparence.

Trois urgences se dégagent : intégrer pleinement l’artisanat minier dans l’économie nationale et internationale, protéger les femmes et les enfants, et garantir la transparence des chaînes d’approvisionnement par une réforme des lois existantes.

Ce café politique a démontré que le dialogue inclusif est essentiel pour transformer les constats en engagements. En mettant en lumière les injustices subies par les exploitants artisanaux, il a permis d'ouvrir la voie à des solutions concrètes pour que les ressources minières de la RDC deviennent enfin un levier de justice sociale, de dignité et de développement inclusif.

 

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