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Emploi décent et justice sociale, gages du développement durable dans le secteur des mines

Ruth Zinga

Comment garantir un secteur minier plus juste, plus sûr et plus humain en RDC ? Retour sur une journée de réflexion ayant réuni syndicats, experts, autorités publiques et société civile autour de l’emploi décent et de la justice sociale.

Le 26 mai 2026, près de 130 délégués syndicalistes, représentants des autorités publiques, membres de la société civile et experts se sont réunis à l'hôtel Memling pour remettre l'humain au cœur des mines congolaises. Co-organisée par le Conseil national d’IndustriALL RDC et la Fondation Friedrich Ebert, cette journée de réflexion avait pour thème : « Emploi décent et justice sociale, gages du développement durable dans le secteur minier ». L'enjeu était de taille : transformer une industrie qui génère plus de 80 % des recettes d'exportation et la moitié du produit intérieur brut (PIB) national, mais qui reste paradoxalement marquée par de criantes inégalités sociales. 

Les travaux ont débuté par l'exposé de Mme Gertrude Mboyo Lofaka, de la Direction du travail. Elle a démontré qu'un travail décent exige une rémunération juste, une sécurité sociale et le respect des lois. Face au déficit d'application du code minier, elle a esquissé des perspectives : ratification de la convention 176 de l'OIT, création d'une liste nationale des maladies professionnelles et renforcement des inspections.

Ensuite, le professeur Raphaël Matamba Jibikila de l’Université de Kinshasa a captivé l'auditoire en plaidant pour une véritable inclusion. Il a insisté sur la nécessité d'une redistribution équitable des richesses, de la protection des communautés locales et de l'éradication définitive du travail des enfants.

Enfin, M. Alexis Muhima Shinja de l’observatoire de la société civile congolaise pour les minerais de paix (OSCMP), a clos la série de présentations en dénonçant les risques invisibles et mortels auxquels les creuseurs artisanaux sont confrontés, tels que la poussière de silice, les produits chimiques toxiques et les éboulements. Il a plaidé en faveur de la formalisation de l'exploitation artisanale et de l'application stricte de la convention n° 176 de l'OIT afin de garantir la sécurité et la dignité des mineurs.

À la suite de ces exposés, un débat franc et dynamique a été engagé lors de la session de questions-réponses. Pour concrétiser ces échanges, les participants se sont ensuite regroupés en cercles de travail. Ces ateliers de réflexion collective ont permis de formuler des recommandations concrètes. Une feuille de route a été établie, engageant l'État, les employeurs, les syndicats et les ONG. La journée s'est finalement achevée par l'adoption de cette feuille de route ambitieuse. 

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